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  <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe</title>
  <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr</link>
  <description>&lt;p&gt;Cette saga, roman historique, d&#039;heroic fantasy et épique mêlant réalisme et épopée, raconte en ligne la préhistoire de l&#039;Europe et le monde de nos ancêtres Indo-européens et de nos origines vus par Marc Galan, romancier, écrivain et critique d&#039;art. AUBE se déroule il y a 5000 ans, dans ce qui correspondrait à une partie de l&#039;Ukraine. Là vivent un ensemble de peuples qui deviendront les futurs Européens. Dans un court espace de temps - moins d&#039;une vie -, leur monde va changer, éclater. Conflits internes entre ceux qui prient, ceux qui se battent, ceux qui produisent, guerres avec les autres peuples ou avec des frères trop ambitieux, drames familiaux, et plus encore le poids de l&#039;histoire, vont les disperser aux quatre vents, donnant naissance à un monde nouveau : le nôtre&lt;/p&gt;
</description>
 </channel>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-94</title>
   <description>Cette attirance semblait r&amp;eacute;ciproque. Ses yeux brillaient. Son souffle
&amp;eacute;tait court, pr&amp;eacute;cipit&amp;eacute;. Le guerrier &amp;ndash; parti avec son amie &amp;ndash; install&amp;eacute; &amp;agrave;
son c&amp;ocirc;t&amp;eacute; &amp;eacute;tait assez &amp;agrave; son go&amp;ucirc;t. Il &amp;eacute;voquait, par sa seule fonction,
l&amp;rsquo;odeur et le fracas des batailles. Un forgeron, c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait plus. Il y
avait chez eux une part de sacr&amp;eacute; au moins &amp;eacute;gale &amp;agrave; celle des
bhlaghmenes, &amp;eacute;pic&amp;eacute;e d&amp;rsquo;un zeste de myst&amp;egrave;re et de scandale tenant &amp;agrave; leur
commerce avec les forces sous la terre. Il les rendait encore plus
excitants.
&lt;br /&gt;
On a racont&amp;eacute; aux jeunes filles pendant des si&amp;egrave;cles, et cela durera
bien encore aussi longtemps, des histoires o&amp;ugrave; les d&amp;eacute;mons venaient les
s&amp;eacute;duire. Elles les ont &amp;eacute;cout&amp;eacute;es, mi-tremblantes, mi-&amp;eacute;moustill&amp;eacute;es.
Egnibhertor, bien qu&amp;rsquo;un peu fr&amp;ecirc;le, n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas le moins s&amp;eacute;duisant
d&amp;eacute;mon.
&lt;br /&gt;
Les ma&amp;icirc;tres des forges sont li&amp;eacute;s aux profondeurs myst&amp;eacute;rieuses et
inqui&amp;eacute;tantes et &amp;agrave; leurs dieux. Ils &amp;eacute;taient, pour ceux qui &amp;ndash; comme la
fille n&amp;eacute;e dans un village trop pauvre et peu port&amp;eacute; &amp;agrave; rechercher la
gloire des combats &amp;ndash; ne les avaient jamais vus, les plus proches de ces
cr&amp;eacute;atures que la sagesse des humbles sait perverses et ourdisseuses de
noirs complots. Pourquoi, sinon, se cacheraient-elles de la lumi&amp;egrave;re de
Dyeus Pater pour qui il n&amp;rsquo;est point de secret ? Les forgerons, ouvrant
loin des yeux du profane un produit issu des entrailles de la terre et
transform&amp;eacute; par le feu indomptable, &amp;eacute;taient une &amp;eacute;nigme pour la majorit&amp;eacute;
des hommes, un fascinant myst&amp;egrave;re pour bien des femmes.
&lt;br /&gt;
Amants du feu, accoucheurs du m&amp;eacute;tal, ils participaient, malgr&amp;eacute;
leur moindre caste, du sacr&amp;eacute;. Ne tiraient-ils pas du sang des pierres
et de la terre ? Ce qu&amp;rsquo;ils appelaient entre eux roudhos, m&amp;eacute;tal rouge,
n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait-ce pas, &amp;eacute;carlate comme lui, la s&amp;egrave;ve de la terre, solide la
plupart du temps, parfois, sous l&amp;rsquo;action de la plus ardente flamme,
aussi fluide que celle de l&amp;rsquo;homme ?
&lt;br /&gt;
Il lui raconta, tout en fouillant sous sa jupe, certains de ses
secrets. Des cailloux que seuls les siens savaient reconna&amp;icirc;tre et
traiter devenaient dans leurs foyers sang incandescent et lames
tranchantes. Le cuivre coulait comme du sang dans les entrailles de la
Terre. Il ne se transformait en pierre verte, m&amp;egrave;re du m&amp;eacute;tal, que
lorsqu&amp;rsquo;il jaillissait de son corps ou sourdait &amp;agrave;%</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3892</link>
      <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 01:06:19 +0100</pubDate>   
  </item>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-093</title>
   <description>Une des paysannes, &amp;agrave; la chevelure &amp;eacute;paisse et cr&amp;ecirc;pel&amp;eacute;e, commenta la
sc&amp;egrave;ne &amp;agrave; son voisin. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait, malgr&amp;eacute; son air placide et avachi qui
trompait son monde, un des plus solides guerriers de Kleworegs.
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; L&amp;rsquo;hiver dernier, les loups ont menac&amp;eacute; notre cheptel. Le chef
chevreuil et nos hommes sont all&amp;eacute;s &amp;agrave; leur rencontre et en ont tu&amp;eacute;
quinze &amp;ndash; elle recompta sur ses doigts &amp;ndash; oui, c&amp;rsquo;est &amp;ccedil;a. Nous en avons
gard&amp;eacute; les peaux pour en faire des manteaux.
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; La fourrure du loup est id&amp;eacute;ale pour se prot&amp;eacute;ger des rigueurs de
l&amp;rsquo;hiver. Elle l&amp;rsquo;est aussi comme v&amp;ecirc;tement d&amp;rsquo;apparat pour honorer ses
h&amp;ocirc;tes. Ton roi aurait pu s&amp;rsquo;en passer une sur le dos, au lieu de sa
d&amp;eacute;froque ! Est-il digne d&amp;rsquo;avoir du mouton sur les &amp;eacute;paules quand on
souhaite la bienvenue &amp;agrave; un h&amp;eacute;ros comme Kleworegs... et &amp;agrave; ses guerriers
! ?
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; J&amp;rsquo;en sais rien, c&amp;rsquo;est d&amp;eacute;j&amp;agrave; pas facile de savoir qui est qui, et comment le saluer, rien qu&amp;rsquo;au village.
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Vous avez d&amp;eacute;j&amp;agrave; tu&amp;eacute; des mange-miel, ici ?
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Nous tuons les porcs qui viennent pi&amp;eacute;tiner les r&amp;eacute;coltes ; les
goulpils, aussi. Non, nous n&amp;rsquo;avons pas eu affaire aux mange-miel depuis
longtemps... Oh, pas si longtemps apr&amp;egrave;s tout, pas depuis ma naissance.
Tant mieux ! Nos gourdins ne pourraient rien contre eux, ni m&amp;ecirc;me nos
pauvres &amp;eacute;pieux et nos vieux glaives... Ici, depuis l&amp;rsquo;incendie de sa
forge, je n&amp;rsquo;&amp;eacute;tais encore pas n&amp;eacute;e, il n&amp;rsquo;y a pas de fabricant d&amp;rsquo;armes...
Dis-moi, c&amp;rsquo;est vrai qu&amp;rsquo;ils ont le corps noir de suie, comme le cul d&amp;rsquo;un
chaudron, et qu&amp;rsquo;ils peuvent vivre dans les flammes ?
&lt;br /&gt;
M&amp;ecirc;me s&amp;rsquo;il l&#039;avait trouv&amp;eacute;e &amp;agrave; son go&amp;ucirc;t, il ne lui aurait pas r&amp;eacute;pondu
l&amp;agrave;-dessus. Il lui aurait plut&amp;ocirc;t racont&amp;eacute; ses victoires contre ces
mange-miel qui l&amp;rsquo;impressionnaient tant. Il ne lui dirait rien du tout.
Son autre voisine, qui avait tout &amp;eacute;cout&amp;eacute;, lui semblait plus digne de
son int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t. Il se tourna vers elle. Il saurait la charmer par ses
r&amp;eacute;cits de hardi chasseur. Il h&amp;eacute;la le premier forgeron &amp;agrave; port&amp;eacute;e de voix.
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Oh, Egnibhertor, cette petite s&amp;rsquo;int&amp;eacute;resse &amp;agrave; vous, si vous vivez
dans le feu, si vous avez les fesses noires... Tu pourras toujours le
lui montrer.
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Alors, petite, que veux-tu savoir ?
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Ah, tu es forgeron ! ? C&amp;rsquo;est vrai que vous vivez dans le feu et que vous &amp;ecirc;tes tout noirs ?
&lt;br /&gt;
&amp;ndash; Une seule question &amp;agrave; la fois, veux-tu !
&lt;br /&gt;
Il regarda la curieuse. &amp;Agrave; part ses cheveux cr&amp;ecirc;pel&amp;eacute;s, elle ne
diff&amp;eacute;rait gu&amp;egrave;re des autres. Sa peau, pour une troisi&amp;egrave;me caste, &amp;eacute;tait
claire. Elle avait de bonnes joues rondes, un peu rougies par
l&amp;rsquo;excitation ou le feu proche, des seins lourds, la taille peu marqu&amp;eacute;e.
Cependant, et cela lui plut, elle &amp;eacute;tait bien moins grassouillette que
la plupart.</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3043</link>
      <pubDate>Mon, 27 Apr 2009 14:24:37 +0200</pubDate>   
  </item>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-092</title>
   <description>&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Ils s&amp;rsquo;y employaient d&amp;eacute;j&amp;agrave;. On chuchota &amp;agrave; l&amp;rsquo;oreille de Kleworegs. Si ce
village s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait enrichi par l&amp;rsquo;assassinat de ses h&amp;ocirc;tes ? Ils pourraient
&amp;ecirc;tre les prochains. &amp;laquo; Ah oui ? &amp;Agrave; moins de cinquante contre deux cents !
Leur bi&amp;egrave;re t&amp;rsquo;est mont&amp;eacute;e &amp;agrave; la t&amp;ecirc;te ? &amp;raquo;
&lt;br /&gt;
La procession &amp;eacute;tait arriv&amp;eacute;e pr&amp;egrave;s d&amp;rsquo;un &amp;eacute;norme tas de bale et de
bois. La bale bouterait le feu au b&amp;ucirc;cher, le bois l&amp;rsquo;entretiendrait. Le
pr&amp;ecirc;tre-chevreuil versa sur l&amp;rsquo;&amp;eacute;norme tas de branchages un peu de bi&amp;egrave;re
nouvelle. Il en fit libation &amp;agrave; l&amp;rsquo;orient, d&amp;rsquo;o&amp;ugrave; jaillit la lumi&amp;egrave;re de
Dyeus, au midi, o&amp;ugrave; elle est au plus haut, &amp;agrave; l&amp;rsquo;occident, o&amp;ugrave; elle se
couche, au septentrion, o&amp;ugrave; elle se repose et reprend ses forces. Il
donna le cruchon vide &amp;agrave; un acolyte. Il en re&amp;ccedil;ut une torche enflamm&amp;eacute;e.
Il alluma le b&amp;ucirc;cher.
&lt;br /&gt;
Les flammes s&amp;rsquo;&amp;eacute;lev&amp;egrave;rent. Des &amp;eacute;tincelles jaillirent vers le
firmament. Elles tentaient, un bref instant, de rejoindre les brillants
joyaux scintillant au sein de la vo&amp;ucirc;te nocturne. Punies de leur orgueil
insens&amp;eacute; d&amp;rsquo;avoir voulu s&amp;rsquo;&amp;eacute;galer aux bijoux divins et rivaliser avec leur
splendeur, elles mouraient et retombaient en cendres. Les paysans
s&amp;rsquo;&amp;eacute;branl&amp;egrave;rent. Ils firent un long cort&amp;egrave;ge pour d&amp;eacute;filer pr&amp;egrave;s du brasier.
Arriv&amp;eacute; &amp;agrave; sa hauteur, chacun y jetait une petite poign&amp;eacute;e de grain, en
chantant, en don aux dieux de la nature.
&lt;br /&gt;
Les femmes avaient form&amp;eacute; un cercle autour du feu. Elles
soutenaient les hommes en cadence. Elles invoquaient, en r&amp;eacute;pons, la
d&amp;eacute;esse-m&amp;egrave;re, ma&amp;icirc;tresse de la f&amp;eacute;condit&amp;eacute;.
&lt;br /&gt;
Les h&amp;ocirc;tes les regardaient chantant et battant des mains tout
autour du foyer. Elles semblaient s&amp;oelig;urs : jambes courtes, souvent
torses, attaches lourdes, formes amples, petite taille, comme form&amp;eacute;es
de la glaise qu&amp;rsquo;elles travaillaient. Toutes &amp;eacute;taient aussi bien dodues.
Il n&amp;rsquo;y avait eu depuis bien des ann&amp;eacute;es, ni famine, ni simple disette.
Les paysans &amp;eacute;taient, eux aussi, r&amp;acirc;bl&amp;eacute;s, pleins de force... si mornes,
pourtant.
&lt;br /&gt;
Retentit soudain, sonore, un roulement de tambours. Ils
sursaut&amp;egrave;rent. Ces minuscules instruments, aussi bruyants ? ! Deux
nouveaux hybrides apparurent sur la grand place. V&amp;ecirc;tus &amp;agrave; l&amp;rsquo;imitation de
l&amp;rsquo;homme-chevreuil, avec une t&amp;ecirc;te et une peau de loup, ils dans&amp;egrave;rent &amp;agrave;
leur tour devant les flammes. Leur lueur les rendait vrais. Ils ne
furent, un moment, pas loin d&amp;rsquo;y croire. Les deux gaillards et
l&amp;rsquo;homme-chevreuil entam&amp;egrave;rent un simulacre de lutte. Il dura longtemps,
devant les cris d&amp;rsquo;admiration et de frayeur m&amp;ecirc;l&amp;eacute;es. Enfin la paire
d&amp;rsquo;hommes-loups tomba sur le sol, bras en croix.
&lt;/div&gt;</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3041</link>
      <pubDate>Sun, 26 Apr 2009 14:47:01 +0200</pubDate>   
  </item>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-091</title>
   <description>Dyeus le ciel diurne c&amp;eacute;da la place &amp;agrave; Akmon le ciel de nuit, vo&amp;ucirc;te de
pierre perl&amp;eacute;e de joyaux brillants et immuables. Kleworegs et ses hommes
montr&amp;egrave;rent &amp;agrave; leurs h&amp;ocirc;tes une partie de leur butin et leur firent
admirer le coffret &amp;ndash; C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait bien suffisant, ils n&amp;rsquo;&amp;eacute;taient pas dignes
de voir la Pierre &amp;ndash;. Ils remarqu&amp;egrave;rent les &amp;eacute;clairs dans les yeux des
guerriers des Loutres. Jalousie, envie, et quelque chose d&amp;rsquo;autre. Cet
autre &amp;eacute;tait inconnu, obsc&amp;egrave;ne, surtout d&amp;eacute;rangeant.
&lt;br /&gt;
Trop tard pour s&amp;rsquo;y attarder. La f&amp;ecirc;te commen&amp;ccedil;ait. Les villageois, &amp;agrave;
leur t&amp;ecirc;te un pr&amp;ecirc;tre recouvert d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;pouille de chevreuil, se mirent
en file. Sur le sommet du cr&amp;acirc;ne il portait la t&amp;ecirc;te aux bois courts,
mais puissants, et le fauve pelage de la b&amp;ecirc;te sur ses &amp;eacute;paules. Il avait
une cagoule, de teinte plus claire, provenant de son ventre. L&amp;rsquo;ensemble
&amp;eacute;tait cousu et ajust&amp;eacute; sans d&amp;eacute;fauts. Kleworegs et ses guerriers, un
instant, crurent &amp;agrave; un hybride d&amp;rsquo;homme et de chevreuil.
&lt;br /&gt;
La chim&amp;egrave;re &amp;eacute;tait suivie d&amp;rsquo;une petite troupe de paysans porteurs de
minuscules tambours de peau. Elle tenait &amp;agrave; la main un pot empli &amp;agrave; ras
bord d&amp;rsquo;une bi&amp;egrave;re &amp;agrave; la mousse d&amp;eacute;bordante. Pewortor l&#039;admira. Un seul et
rapide coup d&amp;rsquo;&amp;oelig;il lui avait suffi. Il n&amp;rsquo;avait pas &amp;eacute;t&amp;eacute; ouvr&amp;eacute; dans ce
village, ni m&amp;ecirc;me en Aryana. Magnifique poterie cord&amp;eacute;e quand les siens
incisaient la glaise en guise de d&amp;eacute;coration, il provenait d&amp;rsquo;un pillage,
chose gu&amp;egrave;re cr&amp;eacute;dible vu l&amp;rsquo;allure du village, ou d&amp;rsquo;un troc, aussi
improbable.
&lt;br /&gt;
Cette pi&amp;egrave;ce n&#039;&amp;eacute;tait pas &amp;agrave; sa place ici. Il en &amp;eacute;claircirait les
origines. Esp&amp;eacute;rant y trouver un indice, il examina mieux le d&amp;eacute;fil&amp;eacute;.
Certaines paysannes, les plus laides et les plus mal b&amp;acirc;ties, arboraient
des pendants d&amp;rsquo;oreilles et des pectoraux de grand prix. L&amp;rsquo;&amp;eacute;clat de
ceux, splendides, qu&amp;rsquo;il avait offerts &amp;agrave; sa premi&amp;egrave;re &amp;eacute;pouse &amp;agrave; l&amp;rsquo;annonce
de sa grossesse, palissait &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute;. Dans les petits wikos, on s&amp;rsquo;habille
sans appr&amp;ecirc;t ni coquetterie. La richesse de ces travailleurs de la gl&amp;egrave;be
&amp;eacute;tait admirable, plus encore &amp;eacute;tonnante.
&lt;br /&gt;
Leur pr&amp;eacute;sence &amp;eacute;tait contraire &amp;agrave; toute logique. Ces maritornes
d&amp;eacute;tonnaient au milieu de cette foule, peu nombreuses et par&amp;eacute;es &amp;agrave;
l&amp;rsquo;exc&amp;egrave;s quand les plus belles n&amp;rsquo;avaient que des v&amp;ecirc;tements tout simples.
Leurs visages mafflus exprimaient envers leurs guerriers un d&amp;eacute;dain
insolent, explicite. Pourquoi, ainsi tois&amp;eacute;s et m&amp;eacute;pris&amp;eacute;s, ne
r&amp;eacute;agissaient-ils pas, ou m&amp;ecirc;me baissaient-ils la t&amp;ecirc;te pour &amp;eacute;viter de
croiser leurs regards ? Kleworegs, et d&amp;rsquo;autres avec lui, avaient eux
aussi remarqu&amp;eacute; ce man&amp;egrave;ge. Ils &amp;eacute;lucideraient ce myst&amp;egrave;re.</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3018</link>
      <pubDate>Tue, 14 Apr 2009 09:22:21 +0200</pubDate>   
  </item>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-090</title>
   <description>&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Il n&#039;y avait aucun risque de cette sorte, ni m&amp;ecirc;me d&#039;une simple bagarre.
Au village des Loutres, on n&#039;avait jamais vu de cheval ail&amp;eacute;, en tout
cas pas depuis sa fondation. Il serait douteux qu&#039;un apparaisse cette
nuit. Encore plus qu&#039;alors un villageois le blesse ou le tue. Le pr&amp;ecirc;tre
de Kleworegs sourit. Le hasard serait en effet bien grand, bien
malicieux. Il le rassura. Les siens n&#039;&amp;eacute;taient pas des p&amp;ecirc;cheurs. Ils
n&#039;avaient aucun sujet de querelle avec elles. Elles vivaient assez loin
de l&#039;enclos, dans les rivi&amp;egrave;res et les rus qui l&#039;entouraient, pour que
m&amp;ecirc;me le guerrier le plus imbib&amp;eacute; n&#039;ose sortir, seul dans la nuit o&amp;ugrave; r&amp;ocirc;de
la peur, accomplir un sacril&amp;egrave;ge. Tout laissait pr&amp;eacute;voir des relations
satisfaisantes... Les clans sympathisaient. Revoir un &lt;em&gt;wiks&lt;/em&gt;
apr&amp;egrave;s leur long p&amp;eacute;riple r&amp;eacute;jouissait leur c&amp;oelig;ur. Ils avaient &amp;eacute;t&amp;eacute;
contraints &amp;agrave; l&#039;aust&amp;egrave;re vie des nomades pendant la longue saison des
combats. Cette joie avait effac&amp;eacute; leur d&amp;eacute;dain. Elle les &amp;eacute;loignerait de
toute friction.
&lt;br /&gt;
Les villageois montr&amp;egrave;rent l&#039;endroit o&amp;ugrave; ils pr&amp;eacute;paraient leur bi&amp;egrave;re
: une grotte &amp;agrave; flanc de coteau creus&amp;eacute;e profond et am&amp;eacute;nag&amp;eacute;e. Ils
mettaient la derni&amp;egrave;re main, en la soutirant, &amp;agrave; sa pr&amp;eacute;paration. Experts
dans cet art d&amp;eacute;licat, ils avaient &amp;agrave; peine fait griller l&#039;orge, tout
juste germ&amp;eacute;e, r&amp;eacute;colt&amp;eacute;e au d&amp;eacute;but des moissons, puis l&#039;avaient pil&amp;eacute;e et
m&amp;eacute;lang&amp;eacute;e &amp;agrave; de l&#039;eau claire et &amp;agrave; une poussi&amp;egrave;re cr&amp;egrave;me, r&amp;eacute;sidu de la bi&amp;egrave;re
pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dente. Cette mixture peu engageante, en fermentant, avait donn&amp;eacute;
une liqueur mousseuse &amp;agrave; souhait, propre &amp;agrave; rafra&amp;icirc;chir les gosiers les
plus alt&amp;eacute;r&amp;eacute;s. Ils la trouv&amp;egrave;rent d&amp;eacute;licieuse. Ils en redemand&amp;egrave;rent.
L&#039;extr&amp;ecirc;me puret&amp;eacute; de l&#039;eau des sources de la r&amp;eacute;gion y &amp;eacute;tait pour quelque
chose, mais cette bi&amp;egrave;re avait surtout un arri&amp;egrave;re-go&amp;ucirc;t que seuls de
vrais amateurs pouvaient p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer : la saveur du travail et de l&#039;amour
de la terre de ceux qui en avaient r&amp;eacute;colt&amp;eacute; l&#039;orge, et le parfum de leur
d&amp;eacute;votion sinc&amp;egrave;re aux dieux qui avaient sanctifi&amp;eacute; leur t&amp;acirc;che en
favorisant les r&amp;eacute;coltes. On les comblait de cette boisson presque aussi
savoureuse que leur bien-aim&amp;eacute; hydromel. Ils en go&amp;ucirc;taient le bouquet,
sans pouvoir le d&amp;eacute;finir. &lt;em&gt;Neres&lt;/em&gt;, ils morguaient les paysans.
L&amp;agrave;, ils fraternisaient.. On les pria de cracher dans la cuve o&amp;ugrave; elle
fermentait. Leur salive de h&amp;eacute;ros la rendrait plus forte et go&amp;ucirc;teuse.
Ils s&#039;ex&amp;eacute;cut&amp;egrave;rent volontiers.
&lt;/div&gt;</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3015</link>
      <pubDate>Mon, 13 Apr 2009 12:14:36 +0200</pubDate>   
  </item>
    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-089</title>
   <description>En s&#039;installant au village, m&amp;ecirc;me pour une br&amp;egrave;ve p&amp;eacute;riode, les h&amp;ocirc;tes
devaient en respecter les lois et les interdits. Plusieurs guerriers
avaient de somptueuses peaux de loutre. La sortie du pr&amp;ecirc;tre rev&amp;ecirc;tu de
sa d&amp;eacute;pouille, en vue de les informer de son totem, leur signifiait
d&#039;abandonner, tant qu&#039;ils y resteraient, leur fourrure de dilection.
Ils all&amp;egrave;rent les cacher parmi le butin et prirent la premi&amp;egrave;re tunique
venue, pas toujours &amp;agrave; leur go&amp;ucirc;t, ni &amp;agrave; leur taille. M&amp;ecirc;me les plus mal
attif&amp;eacute;s se consol&amp;egrave;rent de leur allure ridicule. Elle &amp;eacute;tait provisoire.
Ils reviendraient chercher v&amp;ecirc;tement plus convenable.
&lt;br /&gt;
En r&amp;eacute;ponse, il informa ses ouailles de leur totem. Elles seraient
tenues de le respecter pendant trois jours. Leur s&amp;eacute;jour ne serait pas
plus long. Mais le droit d&#039;hospitalit&amp;eacute; est le signe distinctif des
hommes.
&lt;br /&gt;
Cheval ail&amp;eacute;, animal des l&amp;eacute;gendes ; loutre, gibier &amp;agrave; la chair
insipide. Ils s&#039;&amp;eacute;quilibraient. Aucun des interdits r&amp;eacute;ciproques ne
serait pesant. C&#039;&amp;eacute;tait, ils en tomb&amp;egrave;rent d&#039;accord, une bonne chose. Des
clans en venaient aux mains pour &amp;ccedil;a &amp;agrave; l&#039;occasion de festivit&amp;eacute;s trop
arros&amp;eacute;es. Pour un mot de trop, souvent une vantardise (les loups gris,
j&#039;en vois douze, j&#039;en tue cinq et j&#039;enfile les autres, ou autres
amabilit&amp;eacute;s), une bataille rang&amp;eacute;e &amp;eacute;clatait avec la soudainet&amp;eacute; de
l&#039;orage. Il n&#039;y avait pas de morts &amp;ndash; les armes restaient sous la garde
des premi&amp;egrave;re caste &amp;ndash; mais, le calme revenu et dissip&amp;eacute;e l&#039;ivresse, nez
cass&amp;eacute;s, dents bris&amp;eacute;es, c&amp;ocirc;tes f&amp;ecirc;l&amp;eacute;es ne se comptaient plus.
&lt;br /&gt;
Ils n&#039;en voulaient pas. Il y avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; trop de clans &amp;ndash; par
chance, de petit lignage &amp;ndash; s&amp;eacute;par&amp;eacute;s pour une telle dette d&#039;honneur par
des querelles inextricables et des haines rancies. Elle emp&amp;ecirc;chait
alliances et mariages profitables. Il y en avait m&amp;ecirc;me qui se faisaient
la guerre depuis le d&amp;eacute;but du monde. Au cours d&#039;un banquet o&amp;ugrave; l&#039;hydromel
avait trop coul&amp;eacute;, un ivrogne avait massacr&amp;eacute; l&#039;animal (gibier trop
d&amp;eacute;licieux ou pr&amp;eacute;dateur trop d&amp;eacute;test&amp;eacute;) v&amp;eacute;n&amp;eacute;r&amp;eacute; de ses h&amp;ocirc;tes. Le clan
sacril&amp;egrave;ge n&#039;avait voulu ni livrer, ni punir le provocateur. Il avait
refus&amp;eacute; de payer l&#039;amende du sang pour les animaux sacr&amp;eacute;s abattus.
Depuis, ils se ha&amp;iuml;ssaient. Leur combat, m&amp;ecirc;me codifi&amp;eacute; par la loi
interdisant la bataille en armes et par les n&amp;eacute;cessit&amp;eacute;s de la survie,
n&#039;en &amp;eacute;tait pas moins inexpiable. Plusieurs fois d&amp;eacute;j&amp;agrave; le conseil des
pr&amp;ecirc;tres avait d&amp;ucirc; d&amp;eacute;cider, au vu de r&amp;eacute;cits d&#039;au-del&amp;agrave; de la m&amp;eacute;moire, qui
&amp;eacute;tait coupable. Ils avaient menac&amp;eacute; de le d&amp;eacute;clarer loup. Certains
conflits, dangereux pour l&#039;existence m&amp;ecirc;me du peuple, s&amp;rsquo;&amp;eacute;taient ainsi
calm&amp;eacute;s sans s&#039;&amp;eacute;teindre jamais.</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/3011</link>
      <pubDate>Sun, 12 Apr 2009 11:42:24 +0200</pubDate>   
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    <item>
   <title>AUBE, la saga de l&#039;Europe I-088</title>
   <description>L&#039;invitation transmise, les cavaliers mirent pied &amp;agrave; terre. Il les
invita &amp;agrave; se r&amp;eacute;jouir. La f&amp;ecirc;te des moissons, &amp;agrave; en entendre les
pr&amp;eacute;paratifs, serait plaisante. F&amp;ecirc;te des paysans, ces r&amp;eacute;jouissances
admettaient sans r&amp;eacute;serve aucune la pr&amp;eacute;sence des neres, quand la
r&amp;eacute;ciproque n&#039;&amp;eacute;tait pas souvent vraie. Ils promirent d&#039;y assister.
Guerriers et a fortiori pr&amp;ecirc;tres peuvent assister &amp;agrave; toutes les
c&amp;eacute;r&amp;eacute;monies, sauf certains cultes f&amp;eacute;minins de la f&amp;eacute;condit&amp;eacute;, m&amp;ecirc;me si leur
pr&amp;eacute;sence y p&amp;egrave;se... Aujourd&#039;hui, ils &amp;eacute;taient les bienvenus. C&#039;&amp;eacute;tait
toujours le cas pour la f&amp;ecirc;te des moissons. Quand elle &amp;eacute;tait r&amp;eacute;ussie,
les &lt;em&gt;neres&lt;/em&gt; renvoyaient la pareille en invitant les &lt;em&gt;wiroi&lt;/em&gt; aux festins
c&amp;eacute;l&amp;eacute;brant la fin des chasses. Ils ne rateraient pas une telle occasion
de se r&amp;eacute;galer plus tard de beau gibier.
&lt;br /&gt;
Ils entr&amp;egrave;rent dans l&#039;enclos. Les paysans s&#039;affairaient &amp;agrave; diverses
t&amp;acirc;ches pr&amp;eacute;ludant &amp;agrave; la f&amp;ecirc;te. Leur rumeur les avait all&amp;eacute;ch&amp;eacute;s. Leur vision
les passionna. Ils contemplaient tout. Les monceaux de bale, qui
br&amp;ucirc;leraient pour alimenter les feux de joie nocturnes, &amp;eacute;taient des
indices &amp;eacute;vidents, &amp;agrave; moins d&#039;&amp;eacute;pis vides, d&#039;une plantureuse r&amp;eacute;colte,
partant d&#039;une soir&amp;eacute;e m&amp;eacute;morable. Les longs va-et-vient des femmes
portant sur leur t&amp;ecirc;te des cruchons de bi&amp;egrave;re ne l&#039;&amp;eacute;taient pas moins.
Elles les recouvraient de linges humides. En s&amp;eacute;chant, ils allaient la
rafra&amp;icirc;chir et en conserver cette fra&amp;icirc;cheur tout au long de la nuit. Un
peu &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;cart, des jeunes gens s&#039;essayaient &amp;agrave; quelques pas de danse.
Tout sentait la f&amp;ecirc;te. Tout laissait pr&amp;eacute;sager qu&#039;elle serait r&amp;eacute;ussie.
Ils n&#039;en tiqu&amp;egrave;rent pas moins. Il y avait chez leurs h&amp;ocirc;tes, en
particulier les rares neres, une lassitude inn&amp;eacute;e. Ils en furent
choqu&amp;eacute;s. Une telle attitude ne s&#039;accordait pas avec leur naissance.
&lt;br /&gt;
Le sacrificateur les avait abandonn&amp;eacute;s. Il p&amp;eacute;n&amp;eacute;tra dans sa maison.
Cette hutte n&#039;avait rien, en taille et en beaut&amp;eacute;, d&#039;une demeure de
&lt;em&gt;bhlaghmen&lt;/em&gt;. Il en sortit peu apr&amp;egrave;s, sur la t&amp;ecirc;te une d&amp;eacute;pouille de loutre
au lustre magnifique. Il y avait tout autour du village, l&#039;irriguant et
contribuant &amp;agrave; la richesse de ses r&amp;eacute;coltes, des ruisseaux &amp;agrave; l&#039;onde
claire et pure o&amp;ugrave; elles s&#039;&amp;eacute;battaient, tout &amp;agrave; leur aise, sans risque
d&#039;&amp;ecirc;tre chass&amp;eacute;es. La loutre, son animal tut&amp;eacute;laire, &amp;eacute;tait prot&amp;eacute;g&amp;eacute;e par
son statut de totem, anc&amp;ecirc;tre du clan install&amp;eacute; dans les parages. La
blesser ou la tuer &amp;eacute;tait aussi sacril&amp;egrave;ge et criminel que de porter la
main sur un pr&amp;ecirc;tre. Ce serait ch&amp;acirc;ti&amp;eacute;, si cela arrivait, avec la m&amp;ecirc;me
s&amp;eacute;v&amp;eacute;rit&amp;eacute;. Un tel forfait restait bien improbable. De m&amp;eacute;moire de
plusieurs g&amp;eacute;n&amp;eacute;rations, il n&#039;avait jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; commis.&amp;nbsp;</description>
   <link>http://aube-la-saga-de-leurope.fantasyblog.fr/post/191/2976</link>
      <pubDate>Thu, 02 Apr 2009 22:47:08 +0200</pubDate>   
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